Protection solaire : vérités et idées reçues

En pleine période de vacances, il semble judicieux de faire un point sur les crèmes qui ne quitteront pas votre sac de plage : les crèmes solaires. En effet, ici et là on entend tout et son contraire, et c’est difficile de faire le tri. Je vous propose donc de répondre à quelques idées reçues avec l’aide de Ciloo, chimiste spécialisée en cosmétologie. Si vous avez des questions à la suite de ce billet, n’hésitez pas, Ciloo y répondra.

 

Avec une protection solaire, je peux m’exposer n’importe quand.

FAUX

Aucune protection solaire n’arrête 100% des UV. On peut comparer une crème solaire à une passoire : plus l’indice de protection (SPF : sun protection factor) est élevé plus les trous de la passoire sont petits, mais une certaine quantité d’UV passe néanmoins. Si on s’expose aux heures critiques (environ entre 11h et 16h, quand l’atmosphère absorbe le moins les UV, en raison de la position du soleil), quand l’indice UV est maximum, quelle que soit la protection solaire utilisée le risque de lésions dues aux UV est majeure. Un indice pour savoir quand s’exposer : plus votre ombre est courte, plus il faut se planquer du soleil!

Une fois que j’ai appliqué ma crème solaire, je suis tranquille pour la journée

FAUX

La peau est un organe vivant, qui évolue au cours de la journée, respire, transpire (surtout l’été!), etc. Ajoutez à cela la dégradation naturelle de la crème solaire et des filtres solaires au cours du temps, et tous les aléas des vacances (eau, frottements du sable, de la serviette, etc.). Tout ceci fait qu’au bout d’environ 1h30 à 2h, c’est comme si vous n’aviez plus de protection solaire, et qu’il faut en remettre. D’autant plus que la protection solaire d’une crème est calculée en laboratoire pour une certaine dose par cm2 de peau, la plupart du temps beaucoup plus généreuse que ce que nous appliquons réellement sur la peau.

Donc pour être correctement protégé, on réapplique sa crème :

  • toutes les 1h30 à 2h quoi qu’il arrive
  • après toute baignade, même si le produit est déclaré waterproof (il est peut être waterproof, mais pas servietteproof!)
  • après tout frottement qui pourrait avoir diminué la quantité de crème à la surface de la peau (serviette, sable, etc.)

Je ne pars pas en vacances, pas besoin de crème solaire.

FAUX

Le fameux coup de soleil sur le visage du déjeuner en terrasse ça vous dit rien? Ca n’est pas parce que vous ne faites pas la crêpe sur la plage qu’une protection solaire est inutile. Même en ville, vous prenez le soleil. Il suffit, par exemple, d’avoir un chien comme moi, pour être déjà pas mal exposée. Et même en ayant un travail de bureau, il suffit de sortir 10 mn prendre un café en terrasse (ou fumer sa clope au soleil, berk berk berk) pour cumuler les lésions cellulaires sans s’en rendre compte. Pour les peaux sensibles ça peut aller jusqu’au coup de soleil, pour les autres un vieillissement accéléré de la peau. Disons que c’est un peu idiot de se tartiner de crèmes antirides/anti-âge hors de prix sans protéger sa peau entre avril et octobre… Ca revient à écoper une barque qui prend l’eau sans boucher le trou avant (c’était le proverbe à 2 balles du jour!).

Le temps est nuageux/il pleut, je n’ai pas besoin de me protéger

FAUX

Lorsque le soleil est caché, on se sent faussement en sécurité. En effet, les nuages arrêtent une partie des UV. C’est ça qu’il faut retenir : une partie seulement. Donc il est tout à fait possible de prendre un coup de soleil à midi en plein été même si le temps est pourri! Donc si on sort, on se protège quand même!

Une crème SPF 30, une fois étalée, protège aussi bien qu’une crème SPF 50

FAUX

Les 2 crèmes sont considérées comme de haute protection. Un indice de protection 30 arrête 97% des UV érythémateux (note : l’érythème est une rougeur de la peau) et un IP 50 arrête 98% des UV érythémateux, ça semble proche, mais au cours d’une période plus longue (quelques heures), l’indice 50 sera beaucoup moins dégradé que l’indice 30. Donc une protection plus efficace dans le temps.

Une crème solaire australienne vendue en Europe protège mieux qu’une crème française pour un même indice de protection

FAUX

Pour pouvoir être vendue dans l’UE, la crème Australienne DOIT fournir aux autorités européenne un dossier
légal du produit, répondant aux normes européennes en vigueur et donc la crème a du être testée selon le référentiel européen. De plus, il y a dans le monde une certaine harmonisation des affichages, donc même si le test européen est différent du test australien, les résultats seront semblables et l’affichage lui-même, sur le packaging sera le même.

Note (merci Wikipédia):

L’indice de protection a la même signification dans tous les pays. Il est déterminé par des tests standardisés. Le texte publié par la Commission Européenne stipule : « Afin de garantir la reproductibilité et la comparabilité de la protection minimale recommandée contre les rayons UVB, il convient d’utiliser la Méthode internationale d’essai du facteur de protection solaire actualisée en 2006 par les industries européenne, japonaise, américaine et sud-africaine. » Cette recommandation s’appuie sur le texte accessible auprès du Colipa. Lors de ces tests, on applique une quantité de produit solaire de 2 mg par cm² sur une partie du dos de volontaires qui sont ensuite soumis à différentes doses d’UV. 24 heures après, on compare la réaction de la peau avec et sans protection solaire. On en déduit la Dose Erythémale Minimale (DEM), qui est la plus faible dose d’ultraviolet provoquant une rougeur de la peau. L’indice de protection est le rapport entre la DEM sur une zone de peau recouverte de crème solaire et la DEM sur une zone non protégée.

Il faut racheter des produits solaires tous les ans

VRAI

Surtout pour les produits de faible et moyenne protection. Les filtres UV organiques vont se dégrader, même dans les meilleures conditions de stockage et seront donc moitié moins efficace l’année d’après. Quant aux protections solaires ne possédant que des filtres minéraux, elles sont stables en terme de protection dans le temps, mais c’est souvent la crème elle-même qui ne l’est plus et l’étalement en sera affecté, et donc l’efficacité.

Utiliser toute l’année une crème de jour avec une protection solaire ne sert à rien

FAUX

Protéger sa peau des UV est un des meilleurs anti-rides préventif qu’il soit, tout comme l’hydratation. Même
faible (temps nuageux, derrière une fenêtre), le rayonnement UV abime la peau, et la protéger tous les jours ralentira l’apparition de rides, de taches, d’irrégularités de pigmentation, etc.

Si je mets un produit SPF 50, je ne bronzerai pas

FAUX

La peau bronzera quand même puisqu’il n’existe pas de protection solaire filtrant à 100% les UV. Mais le bronzage, qui est un mécanisme de défense de la peau en réponse à l’agression des UV, sera ralenti.

Quid des filtres solaires ?

* Filtres minéraux :

Ils jouent le rôle de barrière physique aux UV. Ils bloquent aussi bien les Uva que les UVb. Ils sont issus de différents minéraux (Dioxyde de titane, Oxyde de Zinc, Oxydes de fer, etc.). Ils ont « mauvaise réputation » à cause de la teinte qu’ils donnent aux produits solaires une fois étalés sur la peau : c’est le fameux film blanc. Aujourd’hui, on trouve des filtres minéraux beaucoup plus faciles grâce à leur degré de raffinage, la taille des molécules (micro, nano). Ils sont plus facile à utiliser pour le chimiste qui créé le produits et pour le consommateur à l’application. Toute fois, il existe un doute quant à l’innocuité des nanoparticules, des tests sont en cours et l’affichage de l’utilisation de nanoparticule deviendra obligatoire en 2013. Les filtres minéraux sont stables dans le temps, mais ils peuvent déstabiliser la crème dans laquelle ils sont mis en suspension (ou dispersion). (Source : Ciloo et le règlement Européen No 1223/2009)

* Filtres organiques ou chimiques :

Ce sont des molécules chimiques qui ont la capacité d’absorber l’énergie des UV (A ou B, rarement les 2 à la fois) et donc d’amortir leur effet néfaste sur notre peau. Une fois l’énergie des UV absorbée, ces filtres ne sont plus efficaces, ils sont « détruits ». Ces filtres sont plus faciles à utiliser pour les chimistes et ne laissent pas de film inesthétique de couleur sur la peau. Mais ces molécules sont moins stable dans le temps et ont une durée de vie limitée niveau efficacité. Certaines molécules ont un fort potentiel allergisant et la plus part ont un pourcentage maximum d’utilisation dans les produits défini par les autorités en vigueur (UE, Japon, USA, etc.) (source : Ciloo).

Loi Européenne (valable pour tout produit fabriqué ou importé en UE)

Autorisation d’affichage sur le packaging :

  • Protection faible : 6 et 10
  • Protection moyenne : 15, 20 et 25
  • Haute protection : 30 et 50
  • Très haute protection : 50+

Harmonisation des tests :

USA, Japon et Europe = même test officiel depuis 2006

Source : http://www.colipa.eu/using-cosmetics-colipa-the-european-cosmetic-cosmetics-association/sun-products/sun-protection-.html

16 thoughts on “Protection solaire : vérités et idées reçues

  1. Je ne pars pas en vacances, pas besoin de crème solaire.

    FAUX => ouais ça dépend si t’es à Paris en ce moment, t’as pas besoin de crème solaire lol

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    Poupoune Reply:

    Oui bon ok j’ai pas choisi le bon jour, ça va hein :p

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  2. J’ai été littéralement « dressée » depuis l’enfance sur le sujet(crème , chapeau, t-shirt et aux heures les plus chaudes on reste à l’intérieur !)…mais tu as raison de rappeler tout ça, outre les dégâts esthétiques les risques pour la santé sont réels, c’est trop bête de risquer sa peau pour ressembler à un pain d’épices (pour celles qui aiment ça il y a le maquillage !!!)

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    Poupoune Reply:

    disons que mes parents m’ont pas bcp protégée étant petite, et que j’ai fini de griller mon capital soleil en montant à cheval l’été sans crème (ben oui à l’époque les indices forts étaient super gras, alors peau grasse + crème grasse + poussière liée au cheval = beurk. Malheureusement c’est quand tu commences à avoir des tâches de soleil que tu te rends compte qu’il fallait faire plus attention 🙁

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  3. Amen! Comme d’hab, un article précis et clair. Et ça ne fait pas de mal une petite piqûre de rappel! 😀

    Je voulais savoir également ce que Ciloo et toi pensez de cette idée reçue:
    « les protections solaire empêchent la synthèse de la vitamine D. »

    Perso, je trouve ça quand même un peu gros. A moins de vivre dans une cave et de ne sortir que la nuit, je ne vois pas comment un produit peut EMPECHER cela. Mais c’est quelque chose que je lis de plus en plus, un peu partout et même sur certains sites dits « sérieux ».

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  4. il y a un pharmacien qui m’avait dit qu’en fait une crème solaire était valable plus qu’un an… du coup j’ai eu plusieurs sons de cloche ! :-s
    ça ne serait pas du pousse-à-l’achat de dire qu’on doit absolument en racheter tous les ans ?

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  5. Personnellement, pour la synthèse de vitamine D, je pense que c’est tout pareil que de ne pas bronzer 😉 Donc les produits solaires limitent la synthèse de vit D au même titre qu’ils limitent la pénétration des UV dans la peau. Mais bon, Il ne faut pas non plus beaucoup d’UV quotidiennement pour ne pas être en carence de Vit D donc pas de soucis ! 😉

    Quant aux dires des pharmaciens, je sais que la durée d’un filtre chimique sans même être dans la crème, est bien moins longue que la plupart des ingrédients cosmétiques, donc dans la crème, pareil… Je persiste et signe ! :p
    Après, ça dépend aussi, déjà, souvent les produits solaires ont une combinaison de filtre minéraux et organiques, donc la crème sera toujours efficace l’année d’après… Mais moins, pas au SPF indiqué sur le packaging en tout cas!

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    Poupoune Reply:

    Alors je complète ^^
    – pour la vitamine D, sa synthèse par l’organisme est directement dépendante des UV reçus par la peau (puisque c’est l’énergie apportée par les UV qui fournit celle nécessaire à la réaction si je me souviens bien). Donc oui si tu utilise une protection solaire d’indice fort tu limite la pénétration des UV donc la synthèse de la vitamine D. Mais comme dit, une protection solaire est comparable à une passoire donc une partie des UV passent, donc participent à la synthèse de la vitamine D. Après, l’apparition d’une carence en vitamine D dépend des circonstances : si tu habites en ville dans une zone peu ensoleillée, que tu t’exposes peu et toujours avec un indice 50, et que tu vas pas à la plage en été (genre comme moi :p), oui tu peux être carencé, mais ça n’est pas la protection solaire seule qui fait ça, ça s’ajoute à un ensemble.
    – pour la crème qui « périme » au bout d’un an, il faut aussi prendre en compte la conservation du produit. Si tu l’as appliqué chez toi, qu’il reste à une température stable, pas en plein soleil, il y a plus de chances que l’année d’après ta crème possède encore un SPF proche de celui de départ. En revanche le tube trimballé à la plage, laissé au soleil, dans la voiture, etc. là tu peux jeter ça sera trop dégradé.

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    Sasha Reply:

    Merci pour vos réponses!

    Oui, c’est vrai que les protections ne bloquent pas TOUS les UV donc forcément… J’y vois plus clair maintenant.

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  6. Merci pour cet article!
    Donc, en rapport à ton dernier commentaire, si j´ai acheté 3 flacons de solaire et que 2 flacons n´ont pas bougé de mon tiroir cette année, je peux partir du principe qu´ils seront encore bons l´année prochaine, correct?
    Le fabricant a indiqué juin 2013 comme date limite de péremption…

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  7. et moi je me demandais si une crème solaire « bio » et une crème solaire normale avait la même efficacité? et quels sont les réels effets de la crème solaire sur nos enfants en bas âge? parce que j’ai tellement entendu et lu de choses que je ne sais plus sur quel pied danser!

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  8. Tant que le produit n’est pas ouvert, et conservé dans de bonnes conditions (pas trop chaud, pas de lumière et pas d’humidité) il se conserve de façon optimale et ça ira l’année d’après ! 🙂
    Pour les produits bio, ils sont soumis aux mêmes lois et donc aux mêmes tests d’efficacité que les produits non bios, donc à même SPF affiché, même efficacité…
    Pour les effets sur la peau des enfants, je crois que malheureusement, on n’a pas assez de recul quant à l’utilisation des filtres organiques ou les filtres inorganiques micronisés ou même nano…
    Donc je ne peux pas trop me prononcer de façon objective et scientifique… Moi, j’aurai tendance à dire qu’il vaut mieux mettre un T-shirt et une casquette, ne pas sortir aux heures les plus chaudes et quitte à utiliser une crème solaire, utiliser une crème avec des filtres inorganiques, même si elle est très blanche et collante…
    Mais bon…
    Personne n’a la solution non plus hein… 😉

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  9. Pourriez vous nous expliquer concrètement lors de la dégradation de la crème solaire du point de vue moléculaire? Merci d’avance.

    [Reply]

  10. Pourriez vous nous expliquer concrètement ce qui se passe lors de la dégradation de la crème solaire du point de vue moléculaire? Merci d’avance.

    [Reply]

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