Du bon usage des solaires

Les produits solaires tout le monde connaît. Mais savez vous vraiment comment bien les utiliser? Vraiment? C’est le moment de faire le point!

 

minions plage

Un produit solaire ça semble assez simple à appréhender comme ça : on se tartine, ça évite de cramer au soleil et basta. En fait, c’est quand même plus compliqué que ça. Car si on veut vraiment profiter des bénéfices des produits solaires il faut les utiliser correctement.

Règle 1 : l’écran total n’existe pas (comme le Fight club)

Une des grandes erreurs avec les produits solaires, c’est de leur faire trop confiance : aucun produit solaire (je dis bien AUCUN) ne peut arrêter 100% du rayonnement solaire. Il y a toujours une partie des rayons UV qui passent. L’image que vous devez garder d’un solaire c’est celui d’une passoire : plus le SPF est élevé, plus les trous de la passoire sont petits. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est maintenant interdit de claimer « écran total » sur un produit solaire.

De même, un solaire n’empêche pas de prendre un coup de soleil : il en retarde la survenue (c’est comme cela que le SPF est calculé : la ratio entre le temps pour que la peau rougisse avec et sans solaire). Même avec un SPF 50, si vous restez assez longtemps au soleil vous cramerez quand même!

Règle 2 : un produit solaire ça se choisit adapté à sa peau et aux conditions d’ensoleillement

Pour bien choisir son produit solaire, il ne suffit pas de tester la texture et l’odeur! Les paramètres les plus importants pour choisir son solaire sont son type de peau (ce qu’on appelle le phototype, qui est déterminé en fonction de la réaction de la peau à l’exposition au soleil, pour déterminer le vôtre vous trouverez facilement sur google) et les conditions d’ensoleillement. En effet la protection solaire nécessaire n’est pas la même entre un séjour aux Baléares ou en Normandie (j’ai rien contre la Normandie hein, à choisir je préfère même)! Et ça ne sert pas à grand chose de mettre un SPF 50 pour une balade en soirée sur la côte bretonne…

Pour le phototype, plus il est clair plus le SPF choisi doit être élevé car ce sont des peaux qui bronzent mal et brûlent facilement. Après un temps d’exposition, si la peau bronze un peu il est possible de passer à un SPF moins élevé (par exemple passer de 50 à 30).

Pour les conditions d’ensoleillement il faut se renseigner sur l’indice UV de votre zone de vacances (ou de résidence). Plus il est élevé, plus la protection doit être élevée également. Institut Esthederm gère très bien cela sur ses packaging de solaires, qui ne comportent pas de SPF mais un nombre de soleils (1 soleil = ensoleillement modéré comme la ville, 2 soleils = ensoleillement important comme la plage dans le sud, 3 soleils = ensoleillement extrême comme les tropiques).

Règle 3 : un produit solaire on en met jamais assez

Ca c’est un gros point d’achoppement de la protection solaire! Car, par rapport à la quantité utilisée pour établir le niveau de protection, et donc recommandée, nous (je m’inclus dedans) n’en utilisons tout simplement pas assez! L’avantage actuellement c’est qu’on commence quand même à avoir des textures plus fines mais aussi efficaces, ce qui limite le risque d’en mettre vraiment peu pour ne pas avoir la peau qui colle/luit. Avec les textures toucher sec qu’on peut avoir pour le visage, même en indices élevés, il ne faut plus avoir peur d’en mettre une bonne dose! Un solaire ça n’est pas un fond de teint ça ne doit pas être étiré au maximum, bien au contraire.

Même chanson pour la réapplication! Ce n’est pas pour vendre des crèmes que c’est marqué dessus d’en remettre toutes les 2 heures, après avoir nagé, fait du sport ou s’être essuyé. C’est simplement parce que les filtres UV se dégradent avec le temps d’exposition (les filtres chimiques en tout cas) et qu’en gros au bout de 2 heures la protection offerte par votre produit est nettement diminuée. Et l’eau, la transpiration  et le frottement de la serviette enlèvent le produit de la peau, donc il faut en remettre!

Règle 4 : un produit solaire ça se démaquille

Si l’été on a tendance à lever le pied sur le maquillage, et donc à alléger notre routine de démaquillage, il faut au contraire faire particulièrement attention au nettoyage du soir quand on utilise des solaires. En effet les textures des solaires, ainsi que les formules actuelles qui sont pensées pour résister au maximum sur la peau, font qu’un nettoyant moussant simple ne suffit à enlever complètement le produit. Je soupçonne d’ailleurs qu’une grande partie des boutons post-vacances qu’on attribue toujours à l’épaississement de la peau par la soleil est plutôt due à un nettoyage inadapté des solaires!

Pour vraiment éliminer toute trace de solaire sans agresser sa peau (qui doit déjà subir soleil, chlore, sel, vent, sable, pollution, etc.) l’idéal c’est le double nettoyage : un premier démaquillant plutôt gras type huile/baume et un second nettoyant doux pour éliminer toute trace. Si vraiment deux étapes vous gonflent (parce que non ça n’irrite pas la peau si on choisit bien ses produits), privilégier pour l’été une huile démaquillante ou un baume qui s’émulsionnent à l’eau, car il faut du gras pour vraiment éliminer toute trace de solaire (et ça vire les particules de pollution aussi, tout bénéfice).

Règle 5 : un produit solaire ça tâche donc attention les fringues

J’avoue ne jamais avoir eu le problème, mais les produits solaires étant souvent conçus pour résister à l’eau et aux frottements, il devient compliqué de les éliminer non seulement sur la peau, mais aussi sur les vêtements! Donc attention en manipulant vos sprays sur la plage! D’ailleurs une marque fait en ce moment la publicité de ses produits reformulés pour ne pas tâcher les vêtements.

Règle 6 : un produit solaire ça se change tous les ans

Quand je parle de cette règle de changer ses solaires tous les ans il y a toujours au moins une personne pour me rétorquer « oui mais ça c’est les marques qui le disent pour vendre des crèmes solaires » (je vous vois au fond). Et bien le problème c’est que ça dépend des crèmes solaires.

Car un produit solaire avec uniquement des filtres minéraux (voir le premier billet de cette série Sous le soleil exactement pour la différence filtres minéraux / filtres chimiques) peut dans l’absolu effectivement se conserver d’une année à l’autre car les filtres ne se dégradent pas. Mais c’est tout l’inverse avec les filtres chimiques, dont le job est de se dégrader en absorbant l’énergie UV. Ce sont donc par nature des produits instables qui ont une durée de vie limitée. D’autant plus si ils ne sont pas bien conservés, par exemple en les trimballant dans votre sac à main, à la plage ou dans la voiture, car les coups de chaud accélèrent la dégradation des filtres chimiques. Le problème c’est que ça ne se voit pas à l’œil nu, car le reste de la formule du soin solaire n’a pas bougé. Mais le niveau de protection solaire n’est alors plus du tout le même que celui annoncé, voire il devient inexistant.

Et comme dans la plupart des cas les crèmes solaires comportent un mélange de filtres minéraux et de filtres chimiques pour assurer une bonne couverture UVB et UVA, il est plus sûr de changer ses solaires à chaque saison. Et c’est un message un peu compliqué de dire « ceux avec ces filtres vous gardez, ceux avec ces filtres-là vous jetez » (et trop dangereux niveau santé publique) donc sauf si vous êtes certains que vos solaires ne contiennent QUE des filtres minéraux, à la fin de la saison tout le monde à la poubelle!

Profitez bien du soleil mais sortez couverts 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *